3è AgeNon classé

Retraite : donner un nouveau sens à sa vie

On ne tourne pas le dos à 30 ans de vie active en criant ciseau. Même s’il nous exaspère souvent, le travail comble chez l’être humain des besoins essentiels, comme le sentiment d’accomplissement et d’appartenance, l’estime de soi, sans oublier la sécurité financière. Après la vie active, il faut trouver de nouveaux moyens de répondre à ces besoins, à défaut de quoi on risque de connaître un sentiment de vide.

Comment meubler 20, 30 ou même 40 ans de son existence sans les diktats de la productivité? Les spécialistes en planification de la retraite sont unanimes: la clé de la réussite, c’est de donner un nouveau sens à sa vie. Eh bien, cela ne va pas de soi. Toute notre vie active, nous sommes sur un pilote automatique. La réussite professionnelle, l’achat d’une maison, la fondation d’une famille, tout cela donne un sens à la vie. Mais à la retraite, une remise en question profonde s’impose pour prendre un nouveau départ. Faute de quoi, on risque de rater cette étape. C’est ce qui est arrivé à Carole. Lorsqu’elle a quitté son poste de professeure d’histoire au secondaire, à 50 ans, elle était ivre de joie.

Un couple de séniors profitant de sa retraite

«Je me sentais privilégiée de quitter cet emploi super stressant», raconte cette femme de 61ans. Son premier été de retraitée, elle l’a vécu sur un nuage. Toutefois, à la rentrée, tout a basculé. «Soudainement, je me suis retrouvée devant rien. Ma fille volait de ses propres ailes, je n’avais plus de travail et je vivais seule. J’avais perdu tous mes repères d’un coup», se rappelle-t-elle. Elle sombre dans des états dépressifs. Pendant cinq ans, elle tentera de redonner un sens à sa vie par le truchement de divers emplois et activités. Sans des amies fidèles, elle jure qu’elle n’aurait pas traversé cette période.

Après de multiples thérapies, la participation à un groupe d’entraide et l’arrivée d’un petit-fils, Carole a fini par retomber sur ses pieds. «Le problème, c’est que je n’ai pas eu le temps de planifier quoi que ce soit avant la retraite. C’est arrivé si vite! J’ai été prise au dépourvu.»

Selon une étude de Statistique réalisée Canada, 20% des personnes de 65 ans et plus souffrent de dépression à divers degrés, mais les chercheurs estiment que l’état dépressif est probablement sous-déclaré dans les enquêtes. «Il est fréquent qu’après un, deux ou cinq ans à la retraite, les gens se sentent déprimés, faute d’avoir réussi à concrétiser leur projet de retraite», souligne Sylvie Lapierre, directrice du Laboratoire de gérontologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

 Prendre sa retraite en main

 «Il importe de faire le bilan de notre vie, de redéfinir notre mission le plus tôt possible, en nous questionnant sur nos valeurs et notre place dans la société. Qu’est ce qui me fait vivre? Comment puis-je me rendre utile?», explique le psychologue Jean-Claude Tremblay. Il ne faut pas quitter sa vie professionnelle avec des remords et des regrets. «La retraite doit s’inscrire dans la continuité, et non comme une fuite en avant», ajoute-t-il. La recette du bonheur n’existe pas, mais les études démontrent que les personnes qui réussissent le mieux la transition travail-retraite sont celles qui poursuivent des activités entreprises durant leur vie professionnelle. Toutefois, beaucoup de préretraités portent des lunettes roses et voient la retraite comme des vacances éternelles. La gérontologue Catherine Geoffroy se charge de les rappeler à l’ordre. «Les voyages, comme faire le tour de l’Amérique en véhicule récréatif (VR), ce sont des projets à court terme. Que ferez-vous au retour?» Penser à long terme est primordial pour une retraite réussie.

A coté des voyages, les retraités doivent penser à des activités pour maintenir le rythme

À ceux qui entament la retraite sans projet, Marie-Paule Dessaint suggère de prendre un temps de réflexion de quelques mois, histoire de se remettre les idées en place. «Il faut cependant prendre garde de ne pas trop s’installer dans une zone de confort, où il y a danger de se scléroser», prévient cette coach de vie. Cette période permet d’éviter la prise de décisions précipitées, l’erreur par excellence des nouveaux retraités, comme de déménager à la campagne, dans un lieu où on ne connaît personne. Le psychologue Jean-Claude Tremblay insiste sur l’importance de l’engagement social. «On ne peut pas se retirer du monde et passer le reste de ses jours à s’amuser. L’être humain ne peut s’infantiliser ainsi. Il a besoin de se sentir utile et doit continuer à se développer.» Le travail à temps partiel, le travail autonome, le bénévolat, le transfert de connaissances, la famille, il existe autant de façons de redonner un sens à sa vie qu’il y a de retraités. Pour occuper leurs premières années de retraite, Monique, 59 ans, et Louis-Philippe, 70 ans, se sont lancés dans la coopération internationale. L’hiver dernier, ils sont partis trois mois au Guatemala. Ils entreprennent cet hiver leur second séjour là-bas, travaillant sans relâche pour obtenir le financement nécessaire. Cette aventure, à laquelle ils songent depuis 30 ans, les anime comme des adolescents.

Pour ceux qui ne s’y prennent pas autant d’avance, il existe des ressources pour aider à définir des projets de retraite, comme du coaching, des cours de planification de la retraite et des conseillers d’orientation. «Malheureusement, les retraités pensent rarement à consulter, comme si, à cette étape de leur vie, ils n’avaient plus besoin d’aide», déplore Martine Lacharité.

Eugène YOBOUET (Source : lebelage.ca)

Eugène Yobouet

Mon nom est Eugène YOBOUET. Je suis journaliste à ivoirehandicaptv.net depuis le 04 janvier 2021. Au paravent j'ai exercé comme writer à Opéra New d'avril 2019 à Juillet 2020.

2 commentaires

  1. F*ckin’ tremendous things here. I’m very glad to see your post. Thanks a lot and i’m looking forward to contact you. Will you kindly drop me a e-mail?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
X