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Côte d’Ivoire/Semaine Internationale des Personnes Sourdes 2022 : langue des signes, une opportunité nationale au cœur de cette édition

Les activités marquant la célébration de la Semaine internationale des sourds et la Journée internationale des langues des signes en Côte d’Ivoire a débuté, le vendredi 16 septembre 2022, autour du thème « langue des signes, une opportunité nationale ».

Une occasion saisie par Mme Konan Agathe, sous-directrice chargée de la promotion des droits des personnes handicapées à la direction des personnes handicapées (DPPH) pour sensibiliser sur l’importance de la langue des signes pour les personnes sourdes.

‘’En Côte d’Ivoire, les personnes sourdes représentent 15% de la population handicapée qui connaissent des discriminations du fait de la barrière de la langue parce qu’elles n’arrivent pas à communiquer avec leur entourage, les entendants, toute chose qui contribue à élargir le fossé entre elles et les autres membres de la société. Le problème qui se pose se situe au niveau de la communication. Comment échanger avec cette partie de la population, comment interagir avec les personnes sourdes pour une meilleure vie en communauté ?’’, a affirmé Konan Agathe, sensibilisant par la même occasion les pouvoirs publics.

‘’La barrière linguistique pose le problème d’intégration des personnes sourdes au niveau de la cellule familiale, de la communauté, de la société et cette problématique s’étend également au niveau de l’éducation, de la formation et de l’insertion professionnelle. Pour réduire ces discriminations à l’égard des personnes sourdes, la promotion de la langue des signes se présente comme une opportunité qui s’offre à l’ensemble de la communauté pour une société inclusive. Apprendre la langue des signes permet de communiquer avec les personnes sourdes et cela favorise ainsi leur intégration en créant un rapprochement avec les entendants. La langue des signes devrait être enseignée aux enfants sourds et aux enfants entendants dans les mêmes salles de classe dans les mêmes écoles ordinaires et ce dès le cycle primaire’ ’a-t-elle ajouté.

Selon le sénateur Michel Koffi Bénoit, représentant du président du Senat ivoirien par ailleurs parrain de cette activité, autrefois quand on entendait parler de personnes sourdes, c’était de la compassion qui nous animait.

‘’Après avoir entendu tout ce que j’ai entendu ce matin, ce n’est pas de la compassion qu’il faut avoir mais, plutôt de l’empathie. Il faut se mettre à votre place et montrer que vous êtes des citoyens à part entière’’, a précisé le représentant du Sénat.

Pour Olivier Rodrigue EGUE, représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’enfant, une personne sourde peut être un enfant (fille ou garçon) ou un adulte (femme ou homme) qui a droit aussi à des libertés élémentaires telle que la communication (liberté d’expression), elle est née d’une famille à laquelle elle appartient et avec laquelle elle est censée communiquer et enfin, la personne sourde appartient surtout à une nation dont elle est citoyenne de plein droit et qui aussi, doit faciliter son insertion socioprofessionnelle, et son épanouissement au sein de la société.

‘’D’abord, un sourd et/ou muet qu’il soit une fille ou un garçon, une femme ou un homme, a besoin de communiquer avec son entourage pour exprimer ses envies et besoins, afin de les satisfaire, les voir satisfaits pour s’épanouir aussi légitimement ! Pour le faire, tout interlocuteur devrait pouvoir interagir avec lui. D’où la nécessité pour tout citoyen sourd ou non, de connaître plus ou moins la langue des signes. Aussi, la nécessité d’entente et de cohésion de tous les membres d’une famille comprenant un ou des sourds impose une bonne communication intrafamiliale. Tous les membres d’une telle famille (père, mère, enfants…) devraient pouvoir interagir, se comprendre par la communication, afin d’exprimer aussi leurs envies et besoins, peu importent leurs handicaps éventuels’’. Poursuivant, il a indiqué que la nation ivoirienne a besoin de tous ces fils et filles sans exclusion, pour sa construction, son fonctionnement, sa défense et son développement.

‘’Les sourds et/ou muets et les malentendants ont aussi leur place dans les services publics et sociaux ! En conséquence, Les autorités politiques, administratives et institutionnelles doivent œuvrer à une vulgarisation massive de la langue des signes, afin non seulement de créer une véritable cohésion nationale, une entente parfaite entre tous les citoyens, mais aussi faciliter l’insertion socioprofessionnelle des sourds et/ou muets aussi bien dans l’administration publique que dans le secteur privé. Mais avant tout, une sensibilisation massive des populations ivoiriennes sur les défis et opportunités linguistiques des personnes sourdes s’impose !’’, a-t-il fait savoir.

‘’Même s’il existe plusieurs langues des signes, la langue des signes ne connait pas de frontière et permet de communiquer avec d’autres personnes sourdes à l’international. Elle nous apprend à mieux écouter, à mieux regarder, à mieux comprendre les troubles des humains. Nous sommes heureux de participer à cette cérémonie qui porte essentiellement sur le plaidoyer de la vulgarisation de la langue des signes…’’, a affirmé la représentante du médiateur de la république.

A noter que cette célébration a été l’occasion pour faire des plaidoyers de la promotion de la langue des signes auprès des autorités politiques et administratives, institutions nationales, médias et collectivités pour une intégration réussie des personnes sourdes. Aussi, l’occasion de cette activité était de sensibiliser la population nationale sur les défis linguistiques des personnes sourdes de Côte d’Ivoire.

Plusieurs autres intervenants dont Koné Krowélé, premier responsable de la Direction pour la promotion des personnes handicapées (DPPH), représentant le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Dr Tanoh, représentant la présidence de l’université Félix Houphouët-Boigny…

Au menu de cette célébration de la Semaine internationale des sourds en Côte d’Ivoire, une journée festive avec les organisations de personnes en situation de handicap et la société civile est prévue le vendredi 23 septembre prochain à l’Auditorium de la Bibliothèque Nationale d’Abidjan-Plateau. Une communication sera portée sur : Une langue, une éducation.

Créée le 27 juillet 1991, en assemblée générale constitutive par l’Amicale nationale des sourds de Côte d’Ivoire et l’Amicale des anciens élèves sourds, l’ANASOCI est membre ordinaire de la Fédération Mondiale des Sourds et vise à parvenir à la pleine citoyenneté ainsi qu’à l’égalité des chances pour les sourds vivant en Côte d’Ivoire.

DSM

 

 

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Guy Martial Kouassi

Guy Martial Kouassi, Journaliste Web à Ivoirehandicaptv.net depuis 2019. Auparavant, j'ai exercé ce métier tout d'abord sur le site internet www.lebabi.net dans les rubriques Faits divers et High Tech en 2013, ensuite dans le journal papier ''La Synthèse'' au service culture et en ligne www.lasynthèse.net en 2017
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