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Bléziri Pierre Zahui (père d’une grande malade) : « nous avons vécu une souffrance pendant 4 mois d’affilés »

Etre porteur d’un handicap n’est pas facile à vivre pour la personne concernée. Il en est de même pour ses parents. Monsieur et madame Bléziri Pierre Zahui en ont fait la difficile expérience avec leur fille Roseline Zahui qui a la maladie de Crohn.

M et Mme Bléziri. Au milieu, leur fille Roseline, qui a la maladie de Crohn.

Ivoirehandicaptv.net : M. Bléziri Pierre Zahui, Mme Bléziri née Ouattara Fatoumata, vous êtes les parents de Zahui Roseline qui souffre de la maladie de Crohn, un handicap invisible classé parmi les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Quelle a été votre première réaction à la découverte de sa maladie qui touche très peu de personnes dans le monde.

Bléziri Pierre Zahui : nous avons vécu une souffrance pendant 4 mois d’affilés,  lors de sa longue hospitalisation, mais également sur 5 ans avec des espacements. Lorsque notre fille ne se portait pas bien, il fallait découvrir ce dont elle souffrait. Nous sommes donc allés dans plusieurs hôpitaux. Nous étions fatigués. Et c’est au CHU de Yopougon, au service Gastro, que nous avons su qu’elle avait la maladie de Crohn. Imaginez vous une jeune fille qui vomit et fait en même temps la diarrhée pendant de longs mois… Des gens ont même pensé qu’elle avait le Sida. Le test du Vih a été négatif. Les médecins étaient perturbés car il fallait chercher encore…

IHTV : c’était en quelle année maman Bléziri ?

Bléziri née Ouattara Fatoumata : en 2013 et elle avait 24 ans. J’étais désemparée.

IHTV : n’avez-vous pas pensé à la sorcellerie ou la magie noire ?

BOF: non, j’ai surtout pensé au VIH.

IHTV : qui était auprès de votre fille à l’hôpital durant les longs mois de son hospitalisation ?

BOF : je remercie mon mari car c’est lui qui était tout le temps à son chevet. Moi j’étais obligée d’être au travail dans la journée. C’est le soir que je venais le remplacer afin qu’il rentre se reposer. Il revenait le lendemain matin à l’hôpital  pour que je puisse aller dispenser mes cours car je suis enseignante.

La mère occupée par le travail, c’est le père qui était toute la journée au chevet de leur fille clouée au lit par une maladie inflammatoire chronique de l’intestin; 4 mois durant.

IHTV : papa Bléziri, étiez-vous à cette époque un homme au foyer, pour passer tout votre temps à l’hôpital auprès de votre fille alitée ?

BPZ : oui, bien sûr, mais j’étais plus à l’hôpital qu’au foyer (ndlr : rire). Lorsque la situation s’est posée, j’étais déjà à la retraite. Je passais mon temps à écrire des livres. J’étais disponible, donc un homme au foyer comme vous l’avez si bien dit.

IHTV : voir un homme au chevet d’un enfant, de surcroit une jeune fille, cela n’est pas ordinaire. Le regard des gens à l’hôpital ne vous a-t-il pas gêné ?

BPZ : avec tous mes enfants, je suis habitué, et cela dès leur bas âge. Et comme leur maman travaillait et moi non, c’est moi qui faisait ce que j’appelle la corvée, c’est-à-dire les apprêter pour l’école, les déposer et aller les chercher après les cours.

Bléziri Pierre Zahui, un exemple de père à imiter

IHTV : Roseline malade, vous, vous êtes à la retraite. Seule votre épouse travaillait. N’avez-vous pas eu des soucis financiers ?

BPZ : nous étions organisés. Si nous avons besoin d’argent, nous savons où en trouver. C’est vrai que c’était difficile mais Dieu nous a aidés car nous nous appuyons sur lui. La maladie de Roseline est revenue très chère. La première ordonnance que nous avions reçue s’élevait à 150 000 francs, au CHU de Yopougon.

IHTV : quel a été l’impact de la maladie de votre fille sur votre couple ?

BOF : cela nous a plus rapproché. Avec la prière et des personnes de bonne volonté, nous avons pu faire face aux difficultés financières.

IHTV : vos autres enfants sont-ils porteurs d’un handicap invisible ?

BPZ : par la grâce de Dieu, non.

IHTV : Roseline a-t-elle été acceptée par ses frères et sœurs dans sa maladie ?

BOF : ils ont été formidables. Ses frères et sœurs venaient se relayer à son chevet afin de nous permettre, son papa et moi, de nous reposer un peu.

IHTV : Roseline a donc bénéficié du soutien de sa famille

BOF : oui, même ses amis ne l’ont pas laissée tomber.

IHTV : aujourd’hui, elle ne fait pratiquement plus de crise, cela vous soulage…

BPZ : oui, bien sûr. Ce n’était pas facile et maintenant il y a moins de stress. Voyez-vous, une boite de médicament qui contient 10 gélules coute 75 000 francs. En plus, c’est un médicament difficile à trouver.

IHTV : aujourd’hui, votre fille a créé une Ong pour lutter contre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. La voyez-vous travailler dans le social avant qu’elle ne soit elle-même malade ?

BPZ : je voulais qu’elle soit pharmacienne. Elle n’a pas accepté. Aujourd’hui à la voir être au service des autres, cela me fait grand plaisir. Nous, c’est Dieu qui nous a aidés. Et lorsque vous aidez votre prochain, Dieu est avec vous. Elle suit donc la voie de Dieu et nous nous en réjouissons.

Interview réalisée par

Herman Bléoué

Un commentaire

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